Association Les Journées Ravel

 

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MAURICE RAVEL

7 mars 1875 à Ciboure † 28 décembre 1937 à Paris

"Horloger suisse". C’est ainsi que Maurice Ravel fut un jour surnommé par son ami Igor Stravinsky. Sa petite taille et sa présentation soignée révélait une personnalité modeste mais très indépendante. Il s’est nourri du foisonnement culturel de la charnière entre les deux siècles mais s’est tenu à l’écart de la révolution d’Arnold Schoenberg et de l’académisme de la Schola Cantorum.

Il s’est engagé dans la voie de l’impressionnisme musical, de la couleur, de la féerie. Souvent comparé à Claude Debussy, avec lequel il partage cette utilisation de l’harmonie comme une couleur, avec ses dissonances non résolues, il s’en distingue par une écriture pianistique très novatrice et une maîtrise de l’orchestration hors du commun. Dans un catalogue de 111 œuvres, Maurice Ravel nous a laissé une grande majorité de chefs d’œuvre mondialement reconnus qui font de lui l’un des plus grands compositeurs français du XXème siècle. Le soir de sa mort, un musicien de l’orchestre qui venait d’exécuter ne s’est-il pas exclamé : « Celui-là au moins ne nous laissera pas de navet ! »

Sa vie à Montfort l'Amaury

Le 16 avril 1921, Maurice Ravel acquiert une maison à Montfort l’Amaury : " Le Belvédère " où il passera les 16 dernières années de sa vie. Durement éprouvé par le décès de sa mère en 1917 et seul depuis le mariage de son frère Edouard, Ravel désirait prendre quelques distances avec la vie parisienne riche en relations et en tentations. Montfort l’Amaury constituait un compromis parfait. Ravel y trouve le calme et la tranquillité lui permettant de travailler tout en n’étant pas trop éloigné de la capitale, indispensable à son équilibre.

Pour Ravel, l’amitié était une valeur essentielle aussi recevait-il beaucoup ses amis ainsi que son frère Edouard à Montfort. "Montfort l’Amaury évoquait pour nous la joie d’une accueillante demeure, l’oasis de l’amitié" confie Hélène Jourdan-Morhange. Pour ses amis Ravel organise des déjeuners ou des dîners qu’il veut festifs. Il y sert des produits de son jardin et quand le temps s’y prête l’apéritif est servi sur le balcon afin de profiter de la vue. En effet, le Belvédère est juché comme un nid d’aigle sur le flan d’un coteau.

La vue est donc très vaste et se trouve ornée par la ligne des collines à l’horizon. Ce qui faisait dire à Maurice Ravel qu’ainsi la pensée ne pouvait pas fuir, ne pas s’échapper. Elle s’évadait mais revenait comme si le paysage la renvoyait. En fait Ravel " le dandy ", le mondain, le noctambule adorait la nature. C’est avec un soin et une ardeur particulière qu’il avait fait aménager son petit jardin en le compartimentant et en le japonisant. Ravel s’attachait aux arbres nains car leur force concentrée lui semblait plus expressive que l’épanouissement des arbres normaux. Mais c’est la forêt de Rambouillet que Ravel aima par dessus tout. Colette Loubet-Durègne a joliment dit que " c’est dans la forêt de Rambouillet que Ravel, poète et magicien a cueilli la baguette dont il a animé un monde artificiel et merveilleux : le monde des sortilèges .

Tous ses amis rappellent qu’il a parcouru cette forêt en tout sens, en a tout aimé : ses arbres, ses senteurs, ses bruits, ses chants d’oiseaux… C’est au cours de ses innombrables promenades à pied dans la nature et notamment en forêt de Rambouillet que Ravel travaillait le mieux, gardant dans sa mémoire fidèle, les idées qui lui étaient venues, n’ayant plus qu’à les noter le lendemain sur le papier.

Même au cours des années de maladie qui précédèrent sa mort en 1937, Ravel continuait de parcourir "sa forêt" d’un pas alerte et vif, se dirigeant sans hésitation. Ses dernières joies furent ces promenades